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31 mai 2016 2 31 /05 /mai /2016 22:58

Un nouvel épisode pluvieux remarquablement abondant s'est produit du Centre au Benelux lundi 30 mai, ne s'estompant que très progressivement mardi 31. Des lames d'eau journalières souvent de l'ordre de 40 à 70 mm se sont ajoutées aux cumuls déjà élevés enregistrés depuis le début du mois. Au final, au matin du 31 mai, de nombreux records mensuels de pluviométrie étaient battus.

A Paris, il n'avait jamais autant plu en mai depuis le début des mesures en 1873. En moyenne, il tombe 63 mm au Parc Montsouris (normale sur la période 1981 / 2010). Le cumul de 170 mm au matin du 31 mai représente ainsi un excédent de +169%.

Il pleut, il pleut, à Saillancourt (30-31 mai 2016)

A Saillancourt ces pluies fines et continues ont à nouveau démontré que le gabarit (diamètre) du conduit souterrain qui traverse le hameau sur toute sa longueur était limite et tout juste suffisant pour absorber les eaux pluviales venant des différents bassins versants.

 

 

Il pleut, il pleut, à Saillancourt (30-31 mai 2016)

Photos 1 & 2 : Entrée du busage :

Il pleut, il pleut, à Saillancourt (30-31 mai 2016)
Il pleut, il pleut, à Saillancourt (30-31 mai 2016)

Photos 3 & 4 : descente des eaux pluviales provenant des bassins versants

Il pleut, il pleut, à Saillancourt (30-31 mai 2016)
Il pleut, il pleut, à Saillancourt (30-31 mai 2016)

Photos 5 & 6 : Sortie du busage

Il pleut, il pleut, à Saillancourt (30-31 mai 2016)
Il pleut, il pleut, à Saillancourt (30-31 mai 2016)

Ces précipitations de mai 2016 rappellent que Saillancourt demeure dans un talweg, une situation morphologique particulière, à la confluence de plusieurs bassins de ruissellement drainant les eaux pluviales des divers versants.

Tant que le ru était naturel et ouvert, il pouvait réguler les variations de hauteur d’eau. Avec un débit désormais contraint par le diamètre du busage, tout excès de ruissellement ne peut que déborder et envahir la rue de la Vallée, ce qui s’est déjà produit … et se reproduira.

 

On peut se reporter à l'article : "Le talweg de Saillancourt : un risque d'inondation"

http://laboutonnieredesaillancourt.over-blog.com/article-le-talweg-de-saillancourt-un-risque-d-inondation-109203400.html

 

Il pleut, il pleut, à Saillancourt (30-31 mai 2016)

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29 mai 2016 7 29 /05 /mai /2016 11:47
Les argiles plastiques du Sparnacien de Saillancourt : le forage SC1
Les argiles plastiques du Sparnacien de Saillancourt : le forage SC1
Les argiles plastiques du Sparnacien de Saillancourt : le forage SC1
Les argiles plastiques du Sparnacien de Saillancourt : le forage SC1
Les argiles plastiques du Sparnacien de Saillancourt : le forage SC1
Les argiles plastiques du Sparnacien de Saillancourt : le forage SC1
Les argiles plastiques du Sparnacien de Saillancourt : le forage SC1

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29 mai 2016 7 29 /05 /mai /2016 10:19

« Il faut imiter la source qui ne se tarit pas et non pas l’averse qui inonde la montagne » (Traduction de ce proverbe chinois : « Savoir agir avec prudence et dans la conscience du long terme, préférer une action discrète aux conséquences durables à un coup d’éclat aux effets impressionnants mais éphémères ».)

Les sources de Saillancourt

Yamasuma Morimura : Portrait La Source, d’après Ingres 1989.

Une source nomme à la fois l’eau qui sort naturellement de terre et le point d’où elle jaillit. L’eau de sources peut alimenter des mares ou disparaître à nouveau dans le sol. Une source nait de la conjonction de facteurs topographiques et hydrogéologiques comme une meilleure perméabilité locale. Lorsqu’une source coule en permanence elle est dite pérenne.

Construit sur une ligne de sources, le hameau de Saillancourt a bénéficié « d’eau pure » en abondance permettant aux hommes d’y vivre et d’y développer des activités agricoles . La nappe du complexe sableux Cuisien/Sparnacien, constituée par drainance des formations sus-jacentes ou par infiltration des eaux superficielles approvisionne ces sources, de type déversement et débordement qui elles-mêmes alimentent les rus en fond de vallée.

Géologiquement le hameau de Saillancourt a une position particulière puisqu'il se situe exactement à la terminaison de l'anticlinal de Vigny. On pourra se reporter à l'article du blog : http://laboutonnieredesaillancourt.over-blog.com/article-histoire-geologique-des-paysages-autour-de-saillancourt-67732931.html pour imaginer l’évolution des paysages depuis environ 60 millions d’années.

En venant de Sagy on peut observer, jusqu’en limite de Saillancourt, la craie d’âge crétacé mise en place dans une mer de 300 m de profondeur il y a environ 70 millions d’années recouverte à la fin de l’ère secondaire par des argiles plastiques sparnaciennes déposées en milieu marécageux et saumâtres. Au-dessus, se trouve une couche de sable Cuisien, puis le calcaire lutétien qui constitue les affleurements de la carrière de Saillancourt.

La tectonique, qui a plissé les couches sédimentaires et formé cette voute anticlinale, a tout à la fois fracturé les formations les plus résistantes (dites compétentes) : les calcaires du Lutétien et provoqué un « bourrage » avec les couches plastiques : les argiles du Sparnacien.

 

 

Les sources de Saillancourt

La fracturation du Lutétien offre une certaine perméabilité d’interstices à laquelle peut s’ajouter une perméabilité de fissures dans les vallées, soumettant le calcaire grossier au phénomène de dissolution. Ces circonstances favorisent l’écoulement naturel des eaux souterraines et l’apparition des sources juste à la limite des argiles du Sparnacien qui sont sub affleurantes au cœur du hameau : sur la place, en bas de la rue de la Goupillère et de la rue du Charné.

La source principale, au plus fort débit a été depuis des temps historiques canalisée de façon à alimenter un lavoir, une station de pompage : là où l’on venait chercher l’eau, et un abreuvoir pour les animaux.

 

Les sources de Saillancourt

D’autres sources existaient, les anciens parlent de celles du bout de la rue du Charné où celle de la rue de la Goupillère.

On notera que pour tracer la voie de chemin de fer, les ingénieurs de l’époque avaient pris soin de contourner la zone instable des argiles plastiques et des sources de façon à ce que le ballast suive la ligne d’affleurements de la base du Lutétien c’est à dire l’allée des Plantes puis le chemin du Tacot en haut de la rue de la Goupillère.

Pourquoi les sources se sont elles taries ? Une source se capte, se conduit, s’entretient tout en restant libre d’accès lorsqu’elle d’alimente des lieux publics lavoir ou abreuvoir.

Dans les années 60, probablement en raison de la création du réseau de distribution d’eau captée sous pression, la municipalité a négligé l’entretien des sources. Les conduits se sont alors bouchés, des tranchées creusées lors de l’installation du tout à l’égout ont créé des chemins drainants déviant le cours naturel de l’eau. L’abreuvoir remblayé est devenu espace de stationnement – avec plantation d’un tilleul, le lavoir,un bac vide, l’eau qui donnait vie à Saillancourt dans tous les sens du terme a déserté la place.

Pour avoir une idée de la richesse et de la diversité du patrimoine local il existe un site à visiter :  http://www.lavoirs.org/  qui présente une carte de France des lavoirs (plus de 10 000 !), dont 170 dans le Val d'Oise avec plus de 314 photos et une du lavoir de Saillancourt : à sec!

 

Les sources de Saillancourt

Comme on peut le voir sur la photo du site il n’y a plus du tout d’eau de source. Où est-elle passée ? Mystère!

Et voilà qu’on nous annonce par voie de presse que « le débit d’eau provenant des sources étant très insuffisant, un apport complémentaire en eau pluviale a été réalisé ».

Les sources de Saillancourt
Les sources de Saillancourt

On aperçoit dans le regard l’ancienne conduite faite d’assemblage de pierre qui servait à canaliser la source sur une distance que « géologiquement » on estimera d’un ordre de grandeur de 5 et 10 mètres étant donné la morphologie de la vallée.

Ce collecteur ressemble fort à celui que l’on rencontre dans tout aménagement hydraulique, tel celui de l’abbaye de Vauclair (Aisnes) située d’ailleurs, par le plus grand des hasards, dans le même contexte géologique : calcaires du Lutétien, sables du Cuisien, argiles du Sparnacien.

Les sources de Saillancourt

A Saillancourt, depuis le 31 août 2013, date à laquelle la conduite d’eau pluviale a été connectée sur le regard de la source, la force érosive de la chute d’eau due aux apports brutaux des eaux de pluie, a déjà commencé à lessiver les pierres et à les déjointer, le marnage (variation des niveaux d’eau dans le regard) a emporté quantité de limon … qui se retrouve sédimenté … dans le lavoir !!! (photo prise le mercredi 4 décembre 2013). A terme la stabilité du mur pourrait être affectée.

Les sources de Saillancourt

Pourtant que la photo est belle quand l’eau coule dans le lavoir. Sauf que l’eau dans notre cas est stagnante.

Les sources de Saillancourt

En vérité les sources existent, il faut les retrouver.

Cette vérité qui se cache au fond du puits tente d’en sortir pour montrer les preuves qu’elle tend au bout de ses bras, dans son miroir (tableau d’Édouard Debat-Ponsan, daté de 1898, peintre emblématique de la IIIème République, tableau connu dans le monde entier comme l’icône et le manifeste des défenseurs d’Alfred Dreyfus).

Les sources de Saillancourt

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14 mai 2015 4 14 /05 /mai /2015 13:55

AUGUSTE HERBIN, né à Quiévy le 29 avril 1882 et mort à Paris le 31 janvier 1960, est un peintre abstrait français.

Une "tache blanche" de "couleur noire" à SAILLANCOURT

Les peintures d'AUGUSTE HERBIN s'établissent à partir d'un mot qui donne son titre au tableau, selon des correspondances entre lettres, formes et couleur.

Une "tache blanche" de "couleur noire" à SAILLANCOURT
Une "tache blanche" de "couleur noire" à SAILLANCOURT

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12 janvier 2015 1 12 /01 /janvier /2015 18:47
Charlieberté égalité fraternité à Saillancourt
Charlieberté égalité fraternité à Saillancourt

La manifestation du 11 janvier à Sagy a permis de se rassembler dans un élan unitaire pour dénoncer des crimes contre l’humanité et revendiquer le droit à la liberté d’expression.

Charlieberté égalité fraternité à Saillancourt

Il y a quelques années, un dimanche de 2008, deux représentants des forces de l’ordre dépêchés par les soins de l’édile, étaient venus notifier à "Goupil" une interdiction de publier, sous prétexte d’absence de n° ISSN de son « Petit Journal » qui ne parlait que de liberté et de sécurité à Saillancourt.

Charlieberté égalité fraternité à Saillancourt

Cette anecdote sur la façon de concevoir la liberté d’expression à l’égard des concitoyens de Sagy mérite bien la caricature de CHARLIE HEBDO.

Charlieberté égalité fraternité à Saillancourt

A quelques mois des élections cantonales nous étions hier, dans l’unité, tous Charlie, en mars nous serons tous charlots !

 

Charlieberté égalité fraternité à Saillancourt

Charlot éternel eût sans doute été honoré de se faire appeler Charlie.

Ils eussent sans doute été honorés d’être appelés Charlot.

Hommage à toutes les victimes.

Leur combat c'était aussi le sien.

Son combat c'était aussi le leur.

Leurs combats sont et seront les nôtres.

Charlieberté égalité fraternité à Saillancourt
Charlieberté égalité fraternité à Saillancourt
Charlieberté égalité fraternité à Saillancourt
Charlieberté égalité fraternité à Saillancourt

 

Merci à "LA POUTRE DANS L'OEIL DU VOISIN" (BURIDAN.OVER-BLOG.com)

http://www.buridan.net/article-triste-et-colere-125344794.html

Triste et colère !

Ils sont tombés pour la liberté de penser…

De panser par le rire les maux de notre société…

Ils grossissaient le trait et tapaient juste en se servant de la plume et du feutre… Contre tous les dogmes, religieux, moraux et politiques !

Des grands hommes libres, oui !

Pauvres victimes, aussi, de circonstance, qu’il ne faut pas oublier : Elsa Cayat, Ahmed Merabet, Mustapha Ourrad, Frank Brinsolaro, Michel Renaud, Frédéric Boisseau…

 

Ils sont tombés sous les balles d’ignobles bourreaux, de sombres cons, incultes à coup sûr !

Charlieberté égalité fraternité à Saillancourt

Triste et colère !

Colère car on confond résistance pour la liberté d’expression et compassion…

Qu’on me comprenne bien. En soi la compassion est un sentiment qui élève l’esprit…

Mais ici ce sentiment devrait à mon sens s’accompagner d’une analyse politique…

Pourquoi cette tuerie ??? En quoi celle-ci fut indirectement générée par les scléroses même de notre société… On est si prompt à revêtir le costume confortable des conformismes… Et qu’est-ce qu’un conformisme sinon une rigidité de la pensée ! Les tueurs ont commis leur forfait sous l’influence des mêmes rigidités qui gagnent, qui occupent de plus en plus le terrain de la pensée collective…

 

Comme Michel Onfray, tout à l’heure sur France Inter je m’inquiète de ce mouvement compassionnel qui oblitère les questions à se poser ! Quid des dogmes qui comme la bébête montent, montent en puissance ? Quid des idées reçues, des chiffres faussés étalés comme vérités premières qui poussent rejeter l’autre ? Quid des intégrismes idéologiques et religieux ???

Aujourd’hui « tout le monde il est gentil » pourvu qu’il porte une pancarte « Je suis Charlie »… On allume des petites bougies… Fort bien ! Et l’on se dispense de l’analyse politique indispensable. Et là j’ai le bourdon !

Charlieberté égalité fraternité à Saillancourt

Une consolation tout de même…

Devant ce bal des faux culs flamboyants j’espère qu’Honoré, Wolinsky, Cabu, Tignous, Oncle Bernard, Charb ayant rejoint leurs grands aînés Cavanna et Fred, se marrent, se marrent, se marrent en les voyant tenir leurs petites pancartes !

Un site à consulter : http://www.buridan.net/

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3 janvier 2015 6 03 /01 /janvier /2015 17:44

Créé par Louis XIII, le Cabinet du Roi est une somme de curiosités constituées de collections, entre autres, d'insectes, de plantes, de fossiles et de concrétions d’origines diverses dont a fait partie la "pierre de Saillancourt". Cadeaux offerts au Roi de France, dons de collections entières comme celles de Réaumur, viennent enrichir, sous Louis XIV et Louis XV les collections du Cabinet du Roi qui deviendront la base des collections actuelles du Muséum national d'histoire naturelle de Paris.

Sur les murs de la rue de la Goupillère, à deux pas de « la célèbre carrière », (dixit G. Cuvier) l'exposition montre qu’au XVIIIème siècle la pierre extraite à Saillancourt a retenu l’intérêt et fait l’objet d’études de la part des savants et ingénieurs recherchant à l’époque un matériau capable de supporter des charges nouvelles. Un temps où l’art est à la fois œuvre et ouvrage, arts et métiers.

La "pierre de Saillancourt" du Cabinet du Roi

La facilité d’extraction de la roche a attiré l’homme dans l’exploitation des carrières. Dans le Vexin, les conditions géologiques post glaciaires en creusant – érodant - des vallées ont fait apparaître naturellement les couches successives sur les flancs de collines. Une des plus anciennes carrières à ciel ouvert se situe à proximité de Genainville et a servi à réaliser nombre de constructions dont des vestiges sont aujourd’hui exposés au musée de Guiry. L’expérience architecturale romaine  a permis très tôt de valoriser les propriétés et qualités de ce calcaire.

Même si des « domus » ont été bâties près de Sagy, la question du transport a freiné le processus de construction en pierre et il est fort probable que très longtemps les matériaux utilisés ont été le bois, l’argile et le plâtre (grâce au gypse présent).

L’essor véritable de la construction en pierre date du rayonnement monastique qui a suivi l’an mille. Au XIème siècle, les églises de Tessancourt et Condécourt , les moines, pour des raisons de proximité et de moindre coût, ont vraisemblablement choisi, pour des raisons de proximité et de moindre coût, d’extraire la pierre de la carrière de Tessancourt et non celle Saillancourt. Un millénaire plus tard, en 2003, c’est à Saillancourt que les carriers se sont procuré les blocs nécessaires à la réfection du clocher de Tessancourt-sur-Aubette frappé par la foudre.

La "pierre de Saillancourt" du Cabinet du Roi
La "pierre de Saillancourt" du Cabinet du Roi

Tous ces dépôts appartiennent à un horizon stratigraphique appelé Lutétien (de Lutetia, nom latin de Paris). Pour approfondir l’histoire de cette période géologique qui s’est étendue entre -47,8 et -41,3 millions d’années (Ma), soit pendant 6,5 millions d’années (par comparaison le plus ancien fossile de primate bipède date de - 7 Ma, c'est-à-dire que le temps représenté par le dépôt des calcaires de Saillancourt est équivalent au temps de l’évolution de la lignée humaine), on se reportera aux documents du Muséum National d’Histoire Naturelle, les publications de Jean-Pierre Gély, et celles du BRGM.

http://www.saga-geol.asso.fr/Documents/Saga_284_Lutetien.pdf

http://www.cfgi-geologie.fr/sites/default/files/seances/20130404/2013-04-04-cnam-gely.pdf

http://www.saga-geol.asso.fr/Geologie_page_sorties_Lutetien_Oise.html

http://geologie.mnhn.fr/collectionlutetien/

http://geologie.mnhn.fr/collectionlutetien/carrieres.html

http://geologie.mnhn.fr/lutetien/paleogeographies.html

Stratotype Lutétien, Didier Merle, coordinateur. Publications Scientifique du Muséum, BIOTOPE brgméditions, Collection Patrimoine géologique, novembre 2008, 288 pages.

La "pierre de Saillancourt" du Cabinet du Roi
La "pierre de Saillancourt" du Cabinet du Roi
La "pierre de Saillancourt" du Cabinet du Roi

Saillancourt se situe dans un contexte géologique très particulier, juste à la terminaison orientale de l’anticlinal dit de Vigny. Cette déformation tectonique, dont nous avons la vision morphologique actuelle grâce aux processus récents d’érosion, est en fait contemporaine du dépôt des sédiments calcaires présents dans les carrières. Il y a 45 millions d’années, Saillancourt était immergée dans une mer « tropicale » comme les Bahamas aujourd’hui. Dans le même temps, "Saillancourt" subissait un plissement dont résulte la formation de cette arche anticlinale, tandis qu’à quelques dizaines de kilomètres le rivage générait des apports de quartz.

Ces conditions singulières expliqueraient la résistance à la compression de la "pierre de Saillancourt". Sa dureté résulte probablement d'une diagenèse particulière c'est à dire une cimentation sous contrainte des sédiments calcaires et quartzeux.

La "pierre de Saillancourt" du Cabinet du Roi

http://www.brgm.fr/decouverte/ouvrages-cartes-brgm-editions/cartes-geologiques-numeriques

Une visite de "la petite carrière du château de Pontoise" permet de comprendre les méthodes d’exploitation des carrières souterraines. Les illustrations affichées sur les murs de calcaire décrivent les différentes phases du travail : 1) le souchevage, lorsque l’on tranche horizontalement dans un banc tendre, 2) le défermage, lorsque l’on tranche verticalement le banc à extraire, 3) l’abattage pour extraire le bloc supérieur, 4) le levage pour le bloc inférieur.

http://www.ville-pontoise.fr/content/petite-carriere-du-chateau

 

La "pierre de Saillancourt" du Cabinet du Roi
La "pierre de Saillancourt" du Cabinet du Roi

Le XVIIIème siècle est une période marquée par la Révolution de 1789, mais aussi le "siècle des Lumières" et à ce titre,  l’un des plus riches et des plus novateurs de notre histoire. De grands esprits tels que Diderot, Voltaire, Rousseau et Buffon, pour n’en citer que quelques uns, ont, par leur curiosité, leurs réflexions et l’analyse critique de la société, largement contribué aux progrès de la pensée et des connaissances philosophiques, humaines et scientifiques réalisés à cette époque.

Antoine Laurent de Lavoisier, surtout connu pour ses travaux en chimie est aussi géologue. Par la description, il jette les bases de la stratigraphie séquentielle qui ne sera valorisée en terme d’interprétation géophysique moderne qu’à la fin du XXème siècle : c’est dire son côté visionnaire.

En 1766, Lavoisier lui-même est venu dans la carrière à Saillancourt, inventorier les bancs et noter leurs épaisseurs. 

La "pierre de Saillancourt" du Cabinet du Roi

Cette recherche sur les matériaux a un seul but : innover quant au mode de construction. C’est donc une véritable prise de risque, un « challenge », que va tenter Jean-Rodolphe Perronet grâce à la "pierre de Saillancourt", la pierre capable de résister à des pressions supérieures.

Jusqu’au XVIIIe siècle, la gestion des voies de communication routières et fluviales, et des ouvrages d’art, comme les ponts par exemple, restent du ressort des instances locales : seigneurs, villes, associations de marchands et monastères. Les premières politiques de voieries apparaissent en 1599 lors de la création de l’office de grand voyer de France par Henri IV (1589-1610) pour Sully qui conserve ce poste jusqu’en 1611, année de sa disgrâce. Cette charge ne réapparaîtra ensuite qu'en 1669 avec Colbert.

L’administration des ponts et chaussées est créée en 1713 sous la dénomination de « Corps des Ponts et chaussées » et se compose alors de : « Un inspecteur général, un architecte premier ingénieur, trois inspecteurs et vingt et un ingénieurs».

Par l’arrêt du Conseil du 14 février 1747, Jean Rodolphe Perronet est « … , chargé du détail des Ponts et chaussées, la conduite et inspection des géographes et dessinateurs des plans et cartes, instruire les dits dessinateurs des sciences et pratiques nécessaires pour parvenir à remplir avec capacité les différents emplois des dits Ponts et chaussées». L’école royale des Ponts et chaussées est née, avec pour premier directeur: Jean Rodolphe Perronet.

Le XVIIIème siècle est donc une période d’aménagement du territoire. La classe bourgeoise, alors naissante, a besoin, pour se développer, de l’amélioration des conditions de circulation des personnes et des marchandises.

Au cours de sa vie, J. R. Perronet, ingénieur et architecte français, (né à Suresnes le 27 octobre 1708, mort à Paris le 27 février 1794) va contribuer au développement des infrastructures, en aménageant plus de 2 500 km de routes, en participant à la construction de plus d’une douzaine de ponts, en créant une école spécifique à la formation des ingénieurs des Ponts et Chaussées.

Dans cette école, J. R. Perronet va instituer un mode de classement des élèves qui, entre autres, seront jugés sur des concours avec des exercices pratiques de « coupes de pierre », des « dessins de cartes géographique et topographique » (aujourd’hui : études d’affleurements, cartes géologiques).

Nul doute, qu’à l’époque, le cursus des élèves de l’école nationale des Ponts et Chaussées incluait une visite des carrières de Saillancourt alors un site actif dans lequel travaillait plus d’une centaine d’ouvriers (exploitation, transport…).

Il faut imaginer l’effervescence du hameau de Saillancourt lorsque l’extraction de la pierre battait son plein, activité directement liée à l’exploitation des carrières mais aussi à la vie des ouvriers : logement, restauration, fabrication des outils de taille, entretien des chevaux, des voitures, maréchal ferrant, etc...

 

De nombreux ouvrages d’art seront ainsi construits avec la « pierre de Saillancourt ».

1757-1765 : pont de Mantes-la-Jolie sur la Seine

1768-1774 : pont de Neuilly-sur-Seine

1786-1791 : pont Louis XVI, renommé pont de la Concorde à Paris

La "pierre de Saillancourt" du Cabinet du Roi

La qualité certes mais à quel prix ? Chaque construction fait l’objet d’un calcul précis en termes de coût, fournitures, transport, main d’œuvre. Il est intéressant de lire, dans un document datant de 1790, alors que le pont de la Concorde (initialement Louis XVI) est encore en construction et qu’il ne se terminera que l’année suivante en 1791, la transcription d’un débat dans lequel un interlocuteur défend le meilleur rapport qualité/prix de la "pierre de Saillancourt" en réponse aux observations critiques de M. de Vercelle partisan de pierres moins chères.

A noter que la publication datée de « la seconde année de la LIBERTÉ FRANÇAISE », mentionne sur la page de couverture :

« Les grands ne nous paraissent grands,

Que parce que nous sommes à genoux.

………Levons-nous……… »

La "pierre de Saillancourt" du Cabinet du Roi
La "pierre de Saillancourt" du Cabinet du Roi
La "pierre de Saillancourt" du Cabinet du Roi
La "pierre de Saillancourt" du Cabinet du Roi

Les difficultés de transport ne font pas renoncer J.R. Peyronnet à « la pierre de Saillancourt » .

Bien que les carrières de Saillancourt soient plus éloignées que celles du Lutétien du sud de Paris, celle d’Arcueil par exemple et que le coût de la pierre en soit supérieur, J.R. Perronet  va organiser – de façon quasi militaire – une rotation des convois, en fardier de Saillancourt au port de Meulan (en fait le lieu-dit La Rive à Vaux), puis par bateau jusqu’à Paris.

« Simultanément un port de pierres est aménagé en aval de Vaux, au lieu-dit La Rive, pour y charger sur des barges à destination de Paris des pierres extraites de Saillancourt, sur le versant nord de l’Hautil, pour la construction du pont Louis XVI (le futur pont de la Concorde). Avec, au milieu, le port à vin, cette activité portuaire faisait de Vaux, avant la Révolution, une des localités des bords de Seine les plus animées entre Paris et Rouen ». (L’Hautil – Histoire d’un Paysage, de François Denais - Edition Valhermeil, 1994, 122 pages).

« Que lorsqu’il a été chargé sur la place actuelle du Boulevard de Meulan, des pierres pour la construction du pont de Neuilly, c’était pendant les grosses eaux, lorsque le plan de Thun était submergé; que cette place n’était pas comme aujourd’hui fermée de bâtiment le long de la rivière et qu’il n’y avait même alors impossibilité de charger des pierres hors le temps des grosses eaux, puisque le gouvernement ou les entrepreneurs du pont de Neuilly avaient loué deux arpents de terrain dans la propriété de Thun pour y faire leur port servant aux chargements des pierres à transporter à Neuilly, location qui n’avait point eu lieu s’il y avait eu possibilité de charger des pierres le long de la place du boulevard de Meulan, qu’enfin lors de la construction du pont de la Révolution de Paris, l’embarquement des pierres s’était fait entre Thun et Vaux sur un terrain loué encore par le gouvernement à cet effet, attendu l’impossibilité encore plus absolue d’établir ce port à Meulan par la rue de l’Arquebuse et la place du boulevard fermée aujourd’hui par des bâtiments construits sur le bords de l’eau ».

(14 Ventôse an 5 Une réclamation des Cochers d’eau - http://storage.canalblog.com/24/26/620535/42391295.pdf - de Madeleine Arnold Tetard // 4 mars 1797 )

 

La "pierre de Saillancourt" du Cabinet du Roi

L’anecdote sur Madame de Pompadour est symptomatique du climat politique de la seconde moitié du XVIII iéme siècle. Que la phrase : « Censeurs de notre pont, vous dont l’importance va jusqu’à la témérité, Hupeau par un seul fait vous réduit au silence : bien solide est son pont, ce jour il a porté Le plus lourd fardeau de la France. » ait été prononcée lors de son passage sur le pont d’Orléans construit selon les plans de Jean Hupeau de 1751 à 1763 (J.C. Perronet après la mort de J. Hupeau se borna à la réception des travaux et au règlement des dépenses) ou celui de Mantes de 1757 à 1765 (elle l’a été en réalité à propos du pont d’Orléans) montre surtout que le peuple – les futurs citoyens de 1789 – ont désormais pris conscience qu’ils peuvent se lever : « Les grands ne nous paraissent grands, Que parce que nous sommes à genoux………Levons-nous……… ».

La "pierre de Saillancourt" du Cabinet du Roi

Le Pont de Neuilly est sans doute le chef d’œuvre de J. R. Perronet au point que le 22 septembre 1772 le roi Louis XV et la cour vont assister au décintrement des voûtes : « Les cordages étaient attachés vers le haut des fermes, et passaient sur deux poulies mouflées à chaque bout ; huit hommes appliqués aux bras de levier, devaient faire manœuvrer chaque cabestan, ce qui a été exécuté au coup de tambour et les fermes ont été renversées en moins de trois minutes et demie ».

La "pierre de Saillancourt" du Cabinet du Roi

Enfin : « On n’y aperçoit aucune pierre cassée ou qui soit seulement écornée et défectueuse, ni joints ouverts, ce qui est aussi heureux que rare, pour un aussi grand ouvrage ».

Grâce à la dureté de la pierre de Saillancourt J.R. Peronnet a réalisé des ponts à grandes arches, offrant une moindre résistance au courant et un plus grand passage à la navigation. Les ouvrages d’art souffrent du gel des fleuves, fréquent en hiver, s’ils ne sont pas purement emportés au moment de la débâcle. «  Les deux ponts de charpente de Neuilly étant très anciens et mauvais, nous nous étions occupés, dés l’année 1766, du projet de les reconstruire en pierre. La débâcle des glaces du mois de janvier 1768 ayant emporté plusieurs travées du pont, situées du côté de Courbevoie, et endommagé l’autre pont, on fut obligé de presser cette reconstruction ; et pour livrer professionnellement le passage au public, on commença par réparer ces vieux ponts et les mettre en état de servir, jusqu’à ce que celui de pierre fût construit ». (J. C. Perronet – 1788).

La "pierre de Saillancourt" du Cabinet du Roi

La construction du pont Louis XVI débute en 1787. En projet depuis 1725, lors de la construction de la place Louis XV (aujourd'hui place de la Concorde), il devait remplacer le bac qui assurait alors la traversée à cet endroit. Le 11 août 1788 eut lieu la cérémonie de la pose de la première pierre. Une boîte, renfermant une médaille d’or, deux médailles d’argent et trois médailles de bronze, fut posée dans le corps de la pile la plus rapprochée de la place Louis XV. Chaque médaille présente d’un côté le buste du Roi avec cette légende, « Louis XV, roi de France et de Navarre », et, à l’exergue: Ville de Paris, et de l’autre: une perspective du pont et de la ville, avec la mention «  Pont de Louis XVI, 1788 ». En 1789, la Bastille était prise, rasée, et il se disait que ses pierres étaient employées à l’achèvement du nouveau pont «afin que le peuple put continuellement fouler aux pieds l’antique forteresse». (http://lucile.dumesnil.free.fr/ponts_paris/le_pont_de_la_concorde.htm). Si certains historiens mettent en doute la véracité de cette utilisation, tous s’accordent à reconnaître l’architecture révolutionnaire de l’ouvrage.

Démolie par les soins de l’entrepreneur Palloy, bon patriote et surtout homme d’affaires, la prison symbolique aurait effectivement servie de carrière, mais pas pour le pont Louis XVI.

 

Celui que l'on a surnommé le "Vauban des ponts et chaussées", s'éteint le 27 février 1794 dans un modeste pavillon tout près du pont Louis XVI (l'actuel pont de la Concorde) qu'il avait dessiné quelques années plus tôt.

La "pierre de Saillancourt" du Cabinet du Roi

Aujourd’hui, l’architecture des ouvrages d’arts n’a cessé de se développer et à la « pierre naturelle » se sont substitués des bétons aux propriétés mécaniques beaucoup plus résistantes. Le pont le plus haut du monde : le viaduc de Millau, 2 460 mètres de longueur pour 343 mètres de haut.

La "pierre de Saillancourt" du Cabinet du Roi
La "pierre de Saillancourt" du Cabinet du Roi

La carrière et la "pierre de Saillancourt" témoignent du siècle des lumières.

250 ans plus tard les ponts construits avec la "pierre de Saillancourt" sont toujours debout, en sera-t-il de même pour les ouvrages modernes en béton ?

La "pierre de Saillancourt" du Cabinet du Roi

Heureusement de l’ouvrage d’art à l’œuvre d’art, Sylvain Coignot nous montre l’exemple.

Des carrières lieux de culture :

http://www.lapidiales.org/

http://culturebox.francetvinfo.fr/expositions/sculpture/les-lapidiales-la-carriere-dune-oeuvre-dart-aux-multiples-facettes-140901

Pour en savoir plus :

La "pierre de Saillancourt" du Cabinet du Roi
La "pierre de Saillancourt" du Cabinet du Roi
La "pierre de Saillancourt" du Cabinet du Roi
La "pierre de Saillancourt" du Cabinet du Roi
La "pierre de Saillancourt" du Cabinet du Roi
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15 juin 2014 7 15 /06 /juin /2014 20:53

Les anciens nous le racontent il y avait deux sources sur la place de Saillancourt, l’une  alimentait le lavoir et l’autre l’abreuvoir.

Saillancourt - 12 - 1

(cf. article : Les sources de Saillancourt à l’adresse  http://www.oasisdepaix.fr/?p=922).

Selon leurs témoignages, celle qui apportait l’eau dans l’abreuvoir venait de la ferme se trouvant à l’angle de la rue du Charné. « En hiver elle débordait toujours et l’eau affleurait sous le porche ».

Cette semaine (10-13 juin 2014), lors des travaux, l’entreprise SADE, spécialiste en génie civil et voirie, chargée de remplacer les conduites d’eaux usées amiantées, a creusé sur la place et mis à jour l’une des canalisations  d’eau de source.

L’eau est parfaitement claire, s’écoulant dans une conduite en fibro-ciment avec un débit estimé à 3 litres par minute.

 

Saillancourt - 12 - 2

Cette conduite atteint un regard situé de l’autre côté de la rue du Charné, en bordure de l’ancien abreuvoir. Actuellement obstrué, l’eau s’y accumule, déborde et … se perd. A noter que la canalisation bouchée, visible après pompage par les employés de SADE, se dirige vers le  lavoir.

 

Saillancourt - 12 - 3

 

Saillancourt - 12 - 4

La conduite cassée a été manchonnée et le tout refermé.

 

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Saillancourt - 12 - 6

 

L’alimentation du lavoir par des eaux pluviales entraîne le croupissement pendant les périodes sèches alors qu’il pourrait bénéficier d’un apport journalier de 4,3 m3  d’eau claire (sur la base d’un débit de 3 litres/minute).

D’ailleurs, un autre écoulement existe. On entend en effet, de l’eau s’écouler en permanence et de façon régulière, au fond du regard, rue de la Vallée, devant l’arrêt de bus, y compris pendant les épisodes les plus secs.

Le raccordement du  lavoir à ces sources connues devrait donc être réalisable.

Le mercredi 11 juin, une équipe de géophysiciens est également intervenu sur la place de Saillancourt pour cartographier la nappe phréatique. Les mesures  réalisées par l’entreprise IMG (Ingénierie et Mesures Géophysiques) permettent d'avoir une vision précise du sous-sol et de sa structure. A la manière d'une « échographie », des capteurs sont placés à la surface de la zone d'étude et l'enregistrement de paramètres physiques permet d'obtenir une image haute résolution des terrains sous-jacents.

 

Saillancourt - 12 - 7

 

Nous devrions mieux localiser la présence de la nappe phréatique,  connaître sa profondeur et l’épaisseur de la couche d’argiles plastiques sur laquelle se situent le bâti Saillancourtois et les voies de circulation.

Les routes ont été réalisées à l’époque de la traction animale, aujourd’hui les vibrations induites par les charges et la fréquence du trafic routier, provoquent un phénomène de déstabilisation des argiles plastiques lié à leur propriété rhéologique (déformation des matériaux sous l'effet des forces appliquées).

 

« Où se cache mon onde ?
Nul ne sait d'où je viens,
Ma retraite est profonde,
Je coulerai longtemps,
C'est Dieu qui me féconde
Peut-être pour l'éternité... »

 

 

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14 juin 2014 6 14 /06 /juin /2014 22:44

Saillancourt - 11 - 1 

Si vous voulez savoir où je suis

Comment me trouver, où j'habite

C'est pas compliqué

J'ai qu'à vous faire un dessin

Vous n'pouvez pas vous tromper


Quand vous entrez dans la galaxie

Vous prenez tout droit entre Vénus et Mars

Vous évitez Saturne, vous contournez Pluton

Vous laissez la Lune à votre droite

Vous n'pouvez pas vous tromper


Quand vous verrez tourner dans les grands

Terrains vagues d'espace

Des spoutniks, des machins

Des trucs satellisés

Des orbites abandonnées

La fourrière d'en haut

La ferraille du ciel

C'est déjà la banlieue

La banlieue de la planète

Où je passe le temps

Vous continuez tout droit

Là, vous verrez tourner une boule

Pleine de plaies, pleine de bosses

C'est la terre, j'y habite

Vous n'pouvez pas vous tromper


Vous vous laissez glisser le long du Groenland

Qui fait froid dans l'dos

Attention! Ça dérape...

Vous prenez à gauche par la mer du Nord

Et puis à droite par la Manche

Et là, vous verrez un machin

Qui ressemble à la tête d'un bonhomme

En forme d'hexagone

Avec un très grand nez

Un nez qui n'en finit plus

Un nez qui respire la mer

Un nez, un nez en forme de Finistère

C'est la France, j'y habite

Vous ne pourrez pas vous tromper


Vous continuez tout droit

Jusqu'à une rivière blonde

Qui s'appelle l’Aubette

Les yeux couleur de sable

Vous la prenez à gauche

Et puis à droite, et puis tout droit

Et quand vous êtes là

Quand vous êtes là

Demandez la maison

Tout l'monde nous connaît

Vous n'pouvez pas vous tromper


(Paroles de Serge Reggiani - "Dessin Dans Le Ciel").

 

 

Sur cette planète les transports nous portent aux antipodes en quelques heures, les communications nous permettent de converser en voisins avec les brésiliens ou les japonais, dans notre assiette se côtoient tomates du Maroc, haricots verts du Sénégal, bœuf d’argentine,  poires et raisin du Chili, les commandes du Père Noël arrivent de Chine et les containers de matériel électronique traversent les océans, le commerce et la technique ont rétréci le monde mais pas seulement.

Saillancourt - 11 - 2

Les indiens achètent des terres agricoles au gouvernement Kenyan qui n’hésite pas à sacrifier  la vie pastorale locale de son peuple, les pillages de matières premières s’organisent, sur le territoire africain, entre autres, au profit de quelques-uns, d’Afrique et surtout d’ailleurs.

Saillancourt - 11 - 3

La complexité extrême de nos sociétés et l’enchevêtrement de nos destins nous obligent, plus que jamais, à nous réunir et à coopérer pour résoudre les crises que nous traversons. Aucun être humain, aucune classe sociale, aucune culture, aucun peuple ne peut prétendre connaître, seul, les solutions, ni se désolidariser des enjeux territoriaux proches ou non.

Saillancourt - 11 - 4

On raconte qu’en Afrique, un anthropologue a proposé un jeu à des enfants. Il a déposé un panier de fruits au pied d’un arbre et leur a dit que le premier arrivé pourrait tous les garder. Quand il a donné le signal du départ, les enfants se sont pris par la main, ont couru vers le panier et les ont dégusté ensemble. L’anthropologue leur a demandé pourquoi ils avaient agi ainsi, leur réponse fut "Ubuntu, comment l’un d’entre nous peut-il être heureux si tous les autres sont tristes ".

Saillancourt - 11 - 5

Intraduisible en français, "ubuntu" dont la racine vient d’un ancien mot bantou, renvoie à une philosophie humaniste fondée sur un rapport d’interdépendance à l’autre, une façon de penser le vivre ensemble que l’on pourrait résumer par : « je suis parce que tu es ». Nelson Mandela a placé l’ubuntu au cœur de la réconciliation nationale sud Africaine.

 

En langues rwandaise, le kirnyawanda et burundaise,  ubuntu se décline en un faisceau de qualités qui enchantent le rapport à l’autre, la générosité, l’humanité, le partage, le respect, la tolérance. En swahili, il s’apparente au verbe buni : inventer, construire ou encore mettre ensemble.

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L’instauration d’une tout autre relation entre les hommes et un rapport transformé à l’environnement ne relève pas de l’utopie mais d’une réelle intelligence partagée.

 

Pour changer, pour avancer, dans ces systèmes trop grands et impitoyables qui isolent et excluent trop souvent l’humain, nous avons en effet besoin les uns des autres et besoin de mettre en commun la somme des nos savoirs individuels.

 

Ensemble Autrement.

 

L’intelligence collective, jointe à une pincée d’humilité et deux doigts de générosité, peut en revanche faire de nos différences une formidable force créative source de développement.

Saillancourt - 11 - 7

A l’échelle d’un petit village comme Sagy, et de ses hameaux : Saillancourt, Le Grand Mesnil, Le Petit Mesnil, Chardronville, comprendre son passé et interroger son histoire naturelle, constituer une base de connaissances accessible et égale pour tous, instaurer une interactivité entre les habitants et les instances communales qui permet d’agir et de progresser ensemble pour le bien commun, c’est le pari et l’engagement de tous les habitants qui pensent Autrement.

    Saillancourt - 11 - 8

 

Saillancourt - 11 - 9

Bésixdouze - B 612

nom de la planète dont est originaire le Petit Prince d'Antoine de Saint-Exupéry

 

 

  

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19 janvier 2014 7 19 /01 /janvier /2014 21:12

    Christo et Jeanne-Claude, communément Christo, est le nom d'artiste sous lequel est identifiée l'œuvre commune de Christo Vladimiroff Javacheff, né le 13 juin 1935 à Gabrovo en Bulgarie, et de Jeanne-Claude Denat de Guillebon, née également le 13 juin 1935 à Casablanca au Maroc et morte le 18 novembre 2009 à New York.

Saillancourt - 10 - 1

 

Ce couple d'artistes contemporains (« qui emballe la géographie et l'histoire ») s'est rendu célèbre par ses objets empaquetés.    

Ils mettent en scène toiles, câbles et structures métalliques, pour créer des œuvres éphémères qui durent deux semaines en moyenne. Leur art consiste en l'« empaquetage » de  lieux, de bâtiments. Certaines de leurs œuvres pionnières se rapprochent du Land art en raison de leur gigantisme, ou plus généralement, de leur réalisation hors des traditionnels sites : atelier, galerie, musée.

Saillancourt - 10 - 3

Au début de leur carrière, les Christo sont beaucoup critiqués, par d’autres artistes et par les médias, affirmant que leur travail n’est pas de l’art. Avec le temps, les médias ont été de puissants alliés de Christo. Pour beaucoup, Christo a un talent promotionnel de communication, « la présentation d’un projet par Christo, un entretien avec Christo sont aussi des créations artistiques ». Christo est avant tout un entrepreneur, réalisant des projets techniques alors qu’il n’a aucune formation dans le génie civil. L’œuvre de Christo c’est aussi l’art de travailler en équipe avec de grands moyens. Toute l’organisation et la logistique de ses œuvres font partie intégrante de son art. Aussi n’oublions pas toutes les démarches mises en œuvre pour pouvoir réaliser chaque projet, représentant des années d’investigations. Comme le disait Marina Vaizey, «sa méthode est inséparable de son art ».  

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L’œuvre de Christo est éphémère. Pour Christo, « l'urgence d'être vu est d'autant plus grande que demain tout aura disparu… Personne ne peut acheter ces œuvres, personne ne peut les posséder, personne ne peut les commercialiser, personne ne peut vendre des billets pour les voir…Notre travail parle de liberté ». L’art de Christo est la création d'objets temporaires de grande échelle conçus pour des sites extérieurs spécifiques. Il pense que les gens doivent avoir la possibilité de vivre d’expériences artistiques intenses et mémorables en dehors des musées.    

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Les Christo croient en la séduction d’une création sans signification qui aille au-delà de l’objet lui-même, implique une indifférence aux conceptions qui attribuent à l’art un rôle (social, politique, économique, environnemental, moral ou philosophique) qui irait au-delà de lui-même, une œuvre d’art « qui est » plutôt que « qui signifie ». Leur forme de sensibilité de la société n’exclut pas les non-connaisseurs, mais au contraire insiste toujours sur le plaisir que pourra ressentir l’homme de la rue.

 

Merci à la municipalité, pour nous faire partager cette initiation au Land Art local.

 

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Suite de l'exposition "municipale" : création octobre 2014


Avant l'emballage :

    Saillancourt - 10 - 6

Après l'emballage : 

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28 août 2013 3 28 /08 /août /2013 17:50
     Saillancourt - 9 - 1a
 

Il y a juste un siècle, le train de la CGB (Compagnie de Grandes Banlieues) s’arrêtait à la « halte de Saillancourt » pour la première fois.

L’idée de cette exposition revient à l’anniversaire de l’inauguration, le samedi 20 septembre 1913, de la ligne de chemin de fer Gency-Sagy , permettant aux habitants de Saillancourt de rejoindre Pontoise, Meulan ou Magny-en-Vexin.

Un photographe était là, à Saillancourt.

Mais c’est aussi à travers un tableau de Vincent van Gogh,  Paysage à Auvers après la pluie (huile sur toile de 72x90cm, exposé au Musée des Beaux-Arts Pouchkine de Moscou) qu’elle a été imaginée et qu’elle a trouvée sa forme. Mêler œuvres d’arts, cartes postales anciennes, photos récentes met en valeur la beauté de notre cadre de vie passé et présent.

Pour décrire, ce tableau, peint le jeudi, 12 juin 1890, Vincent van Gogh écrivait à sa sœur Whilhelmine : « Hier après la pluie, j’ai peint un grand paysage où l’on apercevait des champs à perte de vue, vus d’une hauteur, des verdures différentes, un champ de pommes de terre vert sombre, entre des plans réguliers d’une terre grasse et violette, un champ de pois en fleurs blanchissant à côté, un champ de luzerne à fleurs roses avec une figurine de faucheur, un champ d’herbe longue et mûre d’un ton fauve, puis des blés, des peupliers, une dernière ligne de collines bleues à l’horizon en bas desquelles un train passe laissant derrière soi dans la verdure une immense traînée de blanche fumée. Une route blanche traverse la toile. Sur la route une petite voiture et des maisons blanches à toit rouge cru au bord de cette route. De la pluie fine raye le tout de lignes bleues ou grises […] ».

 

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La vallée, le train, les champs, les maisons blanches, la carriole, le faucheur, une peinture de Saillancourt en 1913 n’aurait sans doute pas été différente.

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L’ensemble de ces images nous interrogent sur l’évolution de Saillancourt.

En 2013 qu’en reste t’il ?

Où allons-nous et où nous conduit-on ?

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Ont contribué à cette exposition 2013 : Laurence BOULAY, Françoise et Patrick DUFOUR, Chantal et Jean-Paul HERBIN, Valérie et David RENAUT.

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A propos qu’est devenue la halte de Saillancourt ?

Elle est aujourd’hui en domaine privé. Depuis 2008, l’accès au chemin du tacot, en bas de la rue de la Goupillère  à l’entrée du hameau, a été transformé en parking pour les chasseurs six mois de l’année.

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En juin 2013, le parking des chasseurs s’est enrichi d’un immense tag, non effacé à l’instar de ceux qui se trouvaient sur le transformateur, propriété privée d’EDF.

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Une idée ? Enrichir le mur tagué par cet embryon moderne d’art rupestre avec d’autres tableaux sur le même thème comme ci-dessous, Le Nuage, encre de Chine signé  Léon Petrus Spilliaert (1902), à suivre … dans un autre article.

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  • : Histoire géologique, archéologique, industrielle et récente autour du hameau de Saillancourt en limite du Parc Naturel Régional du Vexin Français - Val d'Oise (95450)
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